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Réflexion sur l’estime de soi

UECJM53IR6J’étais en vacances au bord de la mer et je voulais vous écrire un article sur l’estime de soi pour la rentrée scolaire. Vous savez un article où l’on vous dit quoi dire et quoi ne pas dire à un enfant TDAH afin de favoriser son estime de soi.

Il y a déjà plusieurs articles qui existent, écrits par plusieurs professionnels, parce que c’est un sujet d’actualité. Je me suis même permis d’acheter, avant de partir en vacances, le livre de l’Hôpital Ste-Justine, L’Estime de soi des 6-12 ans, de Danielle Laporte et Lise Sévigny, qui soit dit en passant, est très intéressant.

Ce n’était pas facile d’écrire parce qu’il faisait toujours beau et chaud. J’ai essayé d’écrire quelque chose de bien différent sur l’estime de soi, mais honnêtement, je ne pouvais pas réinventer la roue. Alors, j’ai écrit et écrit encore pour finalement abandonner mon texte et profiter de la mer, jusqu’à ce matin…

Hier soir, j’étais en train de faire le souper et j’avais décidé de faire une recette de poulet à la Kiev (version simplifiée) pour faire plaisir à ma fille. Bien qu’il fût tard et que nous avions passé toute la journée à la plage, je me suis jetée à bras ouverts dans cette bonne et longue recette, dans une maison qui n’est pas la mienne.  Même si c’est toujours un peu stressant de cuisiner quand tu n’es pas dans tes affaires,  je m’étais mis en tête de faire un bon souper pour ma famille.

Mon fils a 9 ans.  Il avait faim et il est venu me demander s’il pouvait goûter à la farine. Je lui ai dit qu’il pouvait y mettre un doigt et y goûter. Je me suis retournée quelques secondes pour me rendre compte qu’il y avait de la farine partout, dans ses cheveux, sa figure, sur son chandail, son short, par terre et j’en passe. J’ai immédiatement perdu patience et je lui ai crié qu’il manquait de jugement, qu’il mangeait comme un bébé et j’ai continué jusqu’à temps qu’il se mette à pleurer.

C’est à cet instant que j’ai tout arrêté, une petite cloche dans ma tête venait de sonner, mais qu’est-ce que j’étais en train de faire ?  En tout cas une chose était certaine, je n’aidais pas mon garçon à augmenter son estime de lui-même.  Je me souvenais de ce que j’avais lu et je venais exactement de faire le contraire. J’avais mis l’accent sur ses faiblesses et je n’avais pas ménagé sa fierté, mais pas du tout. Je me suis excusée, je l’ai consolé et je lui ai dit qu’il avait fait une expérience qui n’avait pas fonctionné comme on le voulait. Je me suis dit que j’avais bien appris ma leçon et bien non …

Plus tard, dans la même soirée, j’ai décidé d’aller avec mes enfants à l’épicerie à pied.  Vive les vacances !  Honnêtement, je pensais qu’elle était plus proche de notre maison, mais après 45 minutes de marche, je me suis rendu compte que ce n’était pas le cas. Pour leur remonter le moral parce qu’il faisait chaud, qu’il était tard et que nous étions tous fatigués, je leur ai acheté une gâterie chocolatée à l’épicerie. Mes enfants étaient heureux et nous sommes retournés vers la maison. À un certain moment, j’ai regardé mon garçon et je me suis rendu compte qu’il avait du chocolat partout sur lui.  J’ai de nouveau perdu patience et j’ai recommencé à crier «tu ne peux pas manger comme tous les enfants de ton âge et bla, bla, bla». Pour une deuxième fois, la petite cloche dans ma tête se remettait à sonner. J’avais de la peine pour mon garçon qui pleurait encore une fois.  Premièrement, parce que cela faisait deux fois que je le faisais pleurer en quelques heures et que je faisais encore le contraire de tout ce que je venais de lire sur l’estime de soi.  Qu’est ce qui m’arrivait ? J’étais dont bien une mauvaise mère.

La théorie c’est bien beau, mais encore faut-il être capable de la mettre en pratique. Comment aurais-je pu donner des conseils aux autres quand moi-même, je n’étais pas capable de les mettre en place avec mes deux enfants ?  Encore pire, je réalisais que j’étais capable, comme enseignante, d’appliquer certaines choses pour mes élèves, mais que je ne le faisais pas pour mes propres enfants.

Je sais que les mamans sont humaines et qu’elles risquent de perdre patience, mais tout de même, qu’est-ce que je n’avais pas compris ? Mais en y réfléchissant bien, j’avais tout de même compris quelque chose, même si je n’étais pas nécessairement fière de moi.  Je n’étais pas passée complètement à côté.  La petite cloche dans ma tête avait sonné deux fois pour les bonnes raisons.

Je pense que nous faisons ce que nous pouvons pour élever nos enfants, avec notre personnalité et les valeurs que nous avons reçues. Nous avons la patience que nous avons et avec des enfants TDAH, nous la travaillons sans cesse, quotidiennement. Quand je prends du recul, quand je réfléchis à cette longue journée, je réalise que depuis le réveil, j’avais déjà dû gérer plusieurs choses avant d’en arriver à être aussi impatiente. Je dois également me rappeler que je suis en vacances moi aussi et que les longues recettes peuvent attendre à la maison.  Moi aussi, je dois me reposer.

Je ne me cherche pas d’excuse, mais je réalise que si je n’avais pas lu ce livre et voulu écrire sur l’estime de soi, la petite cloche n’aurait peut-être pas sonné aussi vite, elle aurait même pu ne jamais sonner. J’ai fait pleurer mon garçon à deux reprises, mais je me suis excusée et je lui ai expliqué que mes paroles avaient dépassé ma pensée.   Il n’y a rien qui effacera ce que je lui ai dit, car même ces paroles qui nous semblent parfois banales, ne le sont pas pour nos enfants.   Par contre, j’ai compris que je n’avais pas été correcte et j’ai pris le temps de lui expliquer que j’avais, moi aussi,  des défauts et que je travaillais fort pour être une meilleure maman et que c’était normal de se tromper, tout le monde a le droit de se tromper et de s’améliorer.  L’important c’est de le reconnaître et de savoir qu’il existe des moyens pour s’améliorer. Il faut apprendre à bien se connaître, s’aimer avec nos qualités et accepter nos défauts, c’est ce que nous devons enseigner à nos enfants.

Je suis d’accord, mes paroles étaient blessantes et en les répétant, je n’avais pas une attitude positive envers lui.  Mon fils sait déjà qu’il est moins mature que les autres enfants de son âge, je n’ai surtout pas besoin de lui rappeler plusieurs fois par jour. Quand on regarde ce qui favorise l’estime de soi chez les enfants, j’ai passé deux fois à côté d’un principe important, lorsqu’un enfant fait une erreur, il est important de se concentrer sur la façon d’y réagir correctement parce que lui aussi, il a le droit de faire des erreurs.  Par la suite, il faut trouver des moyens afin de l’aider à s’améliorer.  

Mais j’ai également réalisé que j’avais utilisé d’autres belles stratégies pour améliorer son estime de lui-même, durant la journée.  C’est dans le quotidien qu’on développe l’estime de soi. C’est à travers nos petits gestes et  nos paroles que les enfants apprennent. Nous sommes leur modèle. Ils ont besoin d’être acceptés et aimés inconditionnellement.  Je pense que de réaliser tout cela, c’est ce qui est le plus important. Alors, de relire sur un sujet que l’on connaît déjà est en fait quelque chose de bien. Je pense que le livre L’Estime de soi des 6-12 ans restera sur ma table de chevet encore bien longtemps.

C’est donc décidé, mon prochain billet sera sur l’estime de soi. Même s’il pouvait vous paraître banal et redondant, pensez à le lire juste une fois et surtout pensez à cette petite cloche qui pourrait vous faire réaliser bien des choses.

Chers lecteurs, voici un disque de longue durée, tiré du film de ma vie, je vais vous lire l’histoire de l’estime de soi que vous pourrez suivre avec moi dans votre livre. Vous saurez que le moment est venu de tourner la page quand vous entendrez la fée clochette. Elle fera tinter ses petites cloches, comme ceci* … Bonne lecture !

*Un petit souvenir pour ceux et celles qui ont connu les disques 45 tours de Walt Disney.

 

Commentaires

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3 thoughts on “Réflexion sur l’estime de soi

Marie-Catherine

J’ai eu le même son de cloche pour ma fille il y a quelque semaines et j’ai réalisé que c’est toujours les même choses qui me font perdre patience, je me suis donc fait un « plan d’intervention » à moi-même.

Maintenant que elle mange comme un bébé et qu’elle en a jusque dans les cheveux, j’applique toujours la même routine, je prononce toujours les mêmes mots de sorte que je puisse lui passer mon message et lui enseigner ce que j’ai a lui enseigner, lui donner un plus dans l’estime, etc, etc.
J’ai aussi planifié une sys de rendorcement pour les fois ou elle mange proprement (entre-autres) de sorte qu’encore une fois, elle atteigne son objectif de bien manger, et que j’atteigne le mien, c-a-d de ne pas perdre patience. Quand on est prêt à faire face à la situation cest plus facile de vien réagir que si on est « victime » des événements de la journée que nos enfants provoquent parfois.

Par chez nous, ma fille ne dort pas pendant la sieste un jour sur deux et ca m’enrage qu’elle dérange, fasse du bruit et ne dorme pas même si elle est super fatiguée. J’ai le réflexe d’être super de mauvaise humeur à 3:30 quand elle se « lève »… Je suis rendue à adresser cette question-là. Comment je veux réagir maintenant? après combien de temps je lui permet de prendre un livre? après combien de temps je lui permet de se lever? Qu’est-ce que je pourrais faire comme compromis qui me permettrais de lui apprendre et de lui offrir ce qui est le mieux pour son bien être mais qui me serait suffisant pour que je me sente en contrôle de son éducation et que je puisse l’accueillir avec un sourir a 15:30 dans le salon?

amelietetrault

Ce n’est pas toujours rose et pas toujours facile. J’ai eu comme toi des moments où je ne voyais pas la lumière au bout du tunnel et je ne suis même pas une maman seule. Je te lève mon chapeau! Un jour à la fois et il faut accepter qu’il y aura toujours des journées plus difficiles que d’autres. Nous ne sommes pas parfaites, mais de le reconnaître devant nos enfants, c’est déjà un grand pas vers la réussite. Courage !

gimenez

Merci pour se partage et pour cette piqure de rappel pour nous corriger nous maman face a nos enfants differents.
moi j’avoue depuis quelques mois avoir beaucoup de mal a suivre cette conduite.
en effet maman solo de deux enfants 2 ans et 12 ans .
le grand diagnostiquer TDAH avec troubles d’oppositions et provocations.
j’avoue perdre patience et avoir du mal a supporter les cris lier a leur difference d’age.

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